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ORIGINE DE LA NOMINATION "BIDA MUNICIPIUM"
A l'époque romaine, le village de Djemaa Saharidj s'appelait BIDA, avec les variantes de BEDA, BIDIS, BIDIL, BIDDA, SYDA selon les auteurs anciens.
Le nom n' a pas complètement disparu du moment que à "Taourirt-Aden",village des Beni-Fraoucen, une famille porte encore le nom patronymique d'Ibudah. Il existe aussi dans les environs immédiats de Djemaa Saharidj, un terrain nommé "Tibhirt Ibudah".
Aucun auteur latin ne parle de BIDA , aucun texte ne la cite, aucune inscription ne produit son nom gravé dans la pierre, aucun fait historique qui méritait de passer à la postérité n'en fut le théâtre; pourtant, le nom de BIDA, en Maurétanie Césarienne, nous a été conservé. Il est attesté, en effet, par les précieux témoignages que nous ont laissé les géographes anciens:
La carte de PTOLÉMÉE.
La table de Peutinger.
L'itinéraire d'ANTONIN.
a) LA CARTE DE PTOLÉMÉE :
C'est l'œuvre du savant grec PTOLÉMÉE . C'est un document très ancien sur la géographie de l'Afrique romaine datant du 2ième siècle, ou est décrit toute l'Afrique selon les provinces. Bida y est mentionné; avec le titre de colonie parmi les villes situées à l'intérieur du pays.
b)LA TABLE DE PEUTINGER :
C'est une carte qui fut dressée vers le 2/3ième siècles qui porte le nom du lettré allemand à
qui il fut remis tout d'abord avant d'appartenir aux archives de la bibliothèque de Vienne.
Cette carte s'étale sur 6.80 mètres de long et s'étend de la Grande-Bretagne jusqu'aux Indes. Sur cette carte BIDA (de la carte de ptolomée) est devenue SYDA et porte le titre MUNICIPIUM; cette localité est portée à "XXXII milles " à l'est de TIGISI (Taourga) et à "XL milles" à l'ouest de
SALDAE ( Bougie ). Il fut mentionné aussi les principales tributs habitant le pays, entre autre les
Icampenses, les Nababes, les Gabalusiens et les Numides .
c) L'ITINÉRAIRE D'ANTONIN :
C'est un document qui date également de la même période (3ième siècle ). Il fourni un bel
exemple d'itinéraires mesurés en milles. Dans ce document BIDA ou SYDA est devenu BIDIL
MUNICIPIUM et est situé sur la voie reliant RUSUCCURU ( Delys ) à SALDAE, comme étant
à " XXVII milles " à l'est de TIGISI et à " XL milles " à l'ouest de TUBUSUPTU ( Tiklat ).
Les auteurs modernes ont donné les arguments qui permettent de déciper le moindre doute que le BIDA des romains ne soit situé à l'emplacement de l'actuel Djemaa Saharidj.
L'anonyme RAVENNE disait dans ses écrits :"Voici les noms de quelques-unes des villes de Maurétanie Césarienne dont nous faisons la description suivant celle qu'en ont donnée Castorius et Lolianus: ...ailleurs encore, au-dessus de la susdite ville de SALDAE, est située la ville de TUBUSUTOS et plus loin, la ville municipale de BIDDA, TIGISIS..." Julius Honorius la qualifie simplement de "ville" ou " place forte " : BIDA OPPIDIUM.
L'appellation de BIDA n'a pas conservé sa signification à travers les siècles comme c'est le cas pour d'autres toponymes:
POMARIA : Les vergers ( Tlemcen ).
AQUAE SIRENSES : Eau de la rivière Sira (Bou-Hanifia )
AQUAE CALIDAE : Eau chaudes ( Hammam Righa ).
Certains linguistiques berbères ont confirmés qu'il n'y a aucun lien entre BIDA et les substantifs Kabyles "abuda" et "tabuda" employés pour désigner le typha, jonc des marais, qui a laissé son nom aux marais de Tabouda, dans la vallée de la Soummam, à quelques kilomètres en amont de l'antique Tubusuptu; ni avec le mot abudid qui désigne un piquet solide pour soutenir une meule ou un cadre de porte ; ni, non plus, avec ibida, pluriel de ibidi, burnous.
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