Baron AUCAPITAINE, in Revue africaine, 1859, 1860, p, 435« Les Aith-Fraoucen sont bornés au Nord par l’oued Sebaou ; à l’Est, par les Aith-Khelili et les Aith-Manguelate ; à l’Ouest, par les Aith-Iraten. « Les érudits sont d’accord pour placer au Djemaa-Saharidj la colonie romaine de SYDA ou BIDA, érigée en municipe, dont les habitants, d’origine latine ou italienne, jouissaient comme tels de diverses immunités et se trouvaient naturellement intéressés à soutenir la politique romaine… La bourgade la plus importante des Ait Fraoucen, celle qui résume en quelque sorte l’histoire de cette tribu, c’est Djemaa-Saharidj, que l’on traduit par «le (marché du) vendredi du bassin. Ce ne sont pas les antiquités qui font la réputation de Djemaa-Saharidj chez les autres Kabyles, mais bien ces 99 sources qui arrosent les beaux jardins potagers où croissent à l’envi oignons et pastèques. Voilà le juste orgueil des habitants. Ils ont, à ce sujet, une légende, pittoresque qu’impossible : les aqueducs romains, dit-elle, étant venus à se rompre, le village se trouva menacé de mourir de soif, lorsque survint un Maghrébin, grand écrivain de sortilège et talismans qui se fit fort de ramener les eaux. Ce prédécesseur de l’abbé Paramèle conjura les démons de tel sort que l’eau arriva du sommet de la montagne, de Tizi n’Terga (le col de la conduite d’eau) et jaillit en 99 endroits. Craignant que le marocain n’ait l’indélicatesse de renouveler son prodige chez les Ait Menguellate, ce qui n’eut pas manqué d’amener une grande concurrence dans les prix des légumes, la reconnaissance public décida qu’on crèverait les yeux à ce bienfaiteur du pays… Il est évidant que les eaux ne peuvent venir d’un point aussi éloigné que Tizi n’Terga, sans pouvoir dire s’il y a au juste 99 sources, je puis affirmer que la réalité n’est pas loin de ce nombre excentrique. |