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Abordons maintenant les ruines elles-mêmes. Un seul auteur, à notre connaissance, les a étudiées en détail, C;de VIGNERAL, qui a effectue sur le site quelques fouilles, peut étendues d'ailleurs, en 1868. Il a consigné ses observations dans son ouvrage, Ruines Romaines de l'Algérie ; Kabylie du Djurdjura, dont nous extrayons les descriptions suivantes:

Aspect Général et Ensemble des Ruines.

les vestiges de la cité romaine sont épars sur une étendue de 20 hectares environ et dans un état de dévastation complet. La ville semble avoir embrassé tout l'espace situé depuis le marché jusqu'au sommet de la première crête au sud: une grande partie des maisons occupait donc des pentes très raides. Aujourd'hui, tous cet espace est couvert de jardins, de figuiers et d'oliviers , et il n'a y plus de pierres de taille à la surface du sol, sauf quelques blocs énormes que les kabyle n'ont pu employer comme le autres à la construction de leurs maisons. parfois, en fouillant ces jardins légèrement, ils rencontrent, à une profondeur constante de 1m.50 à 2m.,les substructions antiques et découvrent ainsi de beaux blocs, des colonnes etc... Dans ces jardins il y aurait de très belles fouilles à faire, mai sa serait une dévastation générale. Dans la partie haute, en retrouve d'énormes pans de murs en moellons et briques reliés par du ciment, mais aucun ne dessine de forme reconnaissable .D'ailleurs dans ces pentes raides, la ville devait être bâtie comme en gradins et ce ne sont sans doute que des murs de soutènement . Les deux chemins qui mènent du souk vers la crête sont coupés en maints endroits de murs d'épaisseurs diverses, rasés au sol. çà et là des pignons subsistent, surmontés d'oliviers énormes . Le chemin du Taksebt suit pendant un centaine de mètres, en ligne droite, un petit mur de 0m.60 de Largeur, en maçonnerie commune, formant saillie de quelques centimètres seulement sur la chaussée: ce doit être une conduite d'eau très secondaire . Sur la place du marché, que n'a pas envahie la culture, les substructions viennent affleurer au sol et diverses enceintes y sont très reconnaissables. Comme la ville, la nécropole qui la touchait à l'ouest et, selon toute apparence, depuis le marché jusqu'à la crête, est envahie par les jardins et, par suite, presque impossible à fouiller d'une façon suivie et utile . parfois, le hasard met au jour quelques monuments antiques . Ainsi, dans le courant de 1866, un Kabyle, cherchant de ce côté des matériaux de construction, a trouvé une série de tombeaux en maçonnerie, deux inscriptions tumulaires, (aujourd'hui transportées à Tizi-Ouzou : Aurelius Vindex et Juliua Honorata ; rev.Afr. TX,P.303), et deux bas-reliefs grossiers sans trace d'inscription .Le même indigène, dans sa maison, a mis au jour, sous le fourneau de sa forge, un autre tombeau en maçonnerie voûtée où se trouvait le squelette . En désintéressant les propriétaires, si faire se pouvait on aurait donc là une mine très riche à exploiter. Reste le t Taksebte dont on a voulu faire le point militaire et la défense de la ville .je ne puis partager cette opinion: la crête est excessivement étroite et un ouvrage placé en ce point n'a jamais eu de développement possible . je n'est pas retrouvé l'énorme morceau de voûte ni les pierres de grand appareil que signale Mr . Aucapitaine:ces débris ont sans doute été détruits depuis sa visite. Les tombes signalées par le Dr.Leclerc sont kabyles :j'ai donc vu là des traces très confuses de murs ordinaires en blocage relié de loin en loin par des chaînes de pierres de taille et utilisant comme fondation les rochers naturels .il y a bien loin de là au luxe ordinaire des constructions militaires romaines, même de points très secondaires, comme le Kser-ben-el-sultan des Ait Khelifa, entièrement en beaux blocs rectangulaires. La présence d'autre vestiges aussi haut sur le flanc de la montagne et près du col par où seulement un ennemi pouvait arriver suffirait pour exclure ici l'idée d'un poste militaire, car la protection du Taksebt aurait été illusoire .J'ai, d'ailleurs, trouvé la vraie défense de la ville romaine à Iridi, sur la même crête, mais à environ 500m.plus haut En résumé, cette cité a du être presque exclusivement agricole . Le petit ouvrage d'Iridi la protégeait contre la montagne ; mais, nulle part, je n'est vu de vestige d'enceinte et il est probable que c'était une ville ouverte. Elle semble, comme beaucoup d'autres, avoir été détruite par un incendie. La pierre de taille y a toujours été relativement rare et seulement employée aux angles des maisons ou, à grand intervalles, en cordons verticaux dans les murs . Ceux-ci sont en blocage irrégulier, parfois mêlé de briques de différent modèles. Les grand blocs non utilisés dans les constructions modernes bordent les chemins ou disposés, en enclos: aucun ne porte trace d'inscription ni de sculpture.

Détail des Ruines la Place du Marché.

Sur la place du marché, deux massifs de ruines appellent principalement l'attention. Il sont séparés par le chemin, assez vague d'ailleurs, dans la direction ouest-est. celui du nord, dont malheureusement occupé par un énorme bloc de hollande, me paraît, sauf vérification, avoir été des bains . Il est impossible aujourd'hui d'en déterminer la forme complète :des fragment de murs rasés au sol, d'énorme blocs encore en place et en fouillant, en retrouve la maçonnerie, tel sont aujourd'hui les seules indices. d'une chambre à une autre il y a une grande différence de niveau . Malgré ce désordre, la présence de petit compartiments cimentés de tuyaux de conduite, de mosaïques, de plus le voisinage de la capitale source de Djemaat-es-Saharidj, m'ont amené à y voir des thermes.

FOUILLES

Petit bassin ou réservoir carré....

- Petit bassin ou réservoir carré de 1m.50 de côté, avec ressaut intérieur, sur la face est, à 0m.30 de profondeur et de même largeur . ce bassin est entièrement recouvert d'une couche de ciment rouge, en parfait état . Le fond est légèrement incliné et sa profondeur maximum est de 0m.50 à la partie sud-est . Sous la face est, part, au niveau du sol, un tuyau de conduite de 5 à 6 cms. de diamètre. Les murs sont en maçonnerie ordinaire de 0m.50 d'épaisseur.

Autre bassin ou chambre....

- Autre bassin ou chambre, sur le même alignement, au nord, large de 2m. vers l'est et se prolongeant à 5m. vers le sud, en embrassant deux faces du précédent . Débouché du tuyau de conduite, également au niveau du fond, mais à une profondeur de 0m.75. Ici le sol est formé de ciment blanc et les parois seulement en rouge . Dans la partie étroite de cette pièce se trouvaient , enfoncées et écrasées, deux énormes jarres en belle poterie rouge, dont le diamètre aurait dû être de près de 0m.80.

Grande chambre mosaïque très commune....

- Grande chambre mosaïque très commune, (carreaux verts, blancs, noirs et quelques-uns rouges, sans dessins), de 7m. sur 5m. au moins. Les bords sont entamés et cette dimension est un minimum.

Fouille au pied d'un gros bloc debout....

- Fouille au pied d'un gros bloc debout, de 1m.; au-dessous, autre bloc de même hauteur, plus bas, maçonnerie. Dans les débris, on a trouvé un Constantin (bronze), des briques de tous les modèles, quelques-unes entières et très belles, des fragments de verrerie fine et, surtout, des cendres et des débris carbonisés. A plus de 1m.50, le sol n'a pas été atteint. En avant de ce bâtiment principal, vers le nord, on voit encore une série de débris confus, gros murs renversés, etc... Une seul enceinte de 5m. sur 6m. de coté et construite d'énormes moellons cimentés est bien nette et, en partie, hors de terre ;mais, elle est envahie par les bouchers du marché et couverte d'immenses, les indigène s'en rapportant à l'eau du ciel pour les sois de la voirie. Le massif au sud de la route est remarquable par un mur long encore de 23m., large de 0m.50, bien construit sur trois rangées de moellons appareillés et reliés avec du ciment . Sur le chemin, il forme un ressaut de 0m.50 à 0m.60; en arrière, le sol est de niveau ; de ce côté semblent avoir existé, sur plusieurs rangs, de petit compartiments rectangulaires de 2m.sur 4m. Cette partie est assez confuse ; toutefois, dans le second compartiment, à l'ouest, se trouve presque à fleur de sol, une construction bizarre, sans doute un ancien moulin à huile . Deus fragments circulaires, en ciment rouge, de 0m.03 d'épaisseur, étaient visibles. Une fouille très légère découvrit à l'intérieur une cuvette entièrement cimentée, de 0m.70 de diamètre et de 0m.08 de profondeur. Un fragment en avait été brisé et, au dessous, paissait une couche de béton qui avait déjà sans doute arrêté les recherches des Kabyles. Autour de la cuvette, un mur de maçonnerie commune, de forme circulaire et large de 0m.80, revêtu à l'extérieur d'une ceinture de ciment rouge, de 0m.30 de profondeur, en parfait état . Trois autres essais de fouilles près de là n'ont pas donné de résultat . Je cois que , dans cette partie, en se trouve au sol primitif, sinon au-dessous : la couche de ciment ou les mosaïques qui le formaient ont disparu sous l'action des pluies ou le passage continuelle des bestiaux A l'ouest et à 30m. environ des thermes (?) , se trouve, un peu en contrebas , le grand bassin . Je ne signalerai à nouveau qu'un bloc renversé, (dans la face sud, presque au niveau de l'eau ), sur lequel sont tracés une équerre de menuisier et un cercle en relief. Aux alentour, au sud particulièrement, outre les blocs dont parle le Dr. Leclerc, j'ai rencontré plusieurs masses informes de blocage qui me fait croire à un aménagement important de cette source à l'époque romaine . La partie est de l'emplacement du marché et tout le terrain au-delà, pendant environ 200m., ont été envahis par un cimetière Kabyle ; de nombreux vestiges apparaissent çà et là et les indigènes, par des fouilles légères, découvrent souvent, m'a t'on dit, des mosaïques ou même des chambres où ils enterrent leurs morts, ce qui rend ici une étude impossible.